

Au cours d’une réunion à l’Élysée, le 17 mai, les grandes enseignes de la distribution – et notamment les membres de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) – se sont engagées auprès du gouvernement à réduire leurs marges sur les fruits et légumes, en cas de baisse des prix payés aux agriculteurs suite à des surproductions. Des accords interprofessionnels devraient être renouvelés chaque année. Le président de la République a menacé les distributeurs récalcitrants : « Si, dans l’avenir, des accords de modération de marges n’étaient pas signés, alors nous demanderions au législateur de voter le principe d’une taxe et cette taxe s’appliquerait. […] En l’absence d’accord, le gouvernement déterminerait par décret, avant la fin de l’année, le cadre de cette relation contractuelle dans la filière laitière et la filière des fruits et légumes. »
Nicolas Sarkozy a aussi réclamé la « transparence totale » en matière de « répartition des marges aux différents stades de la filière ».
Les producteurs laitiers sont moins bien rémunérés, mais le lait a augmenté dans les rayons des supermarchés.
L’exercice était politiquement habile à la veille du début de l’examen, au Sénat, du projet de loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche (LMA). Mais plusieurs organisations de consommateurs demeurent sceptiques et s’interrogent sur la portée d’une mesure strictement nationale..
Visiblement, la question centrale de la formation des prix et du partage de la valeur ajoutée entre l’amont et l’aval des filières est loin d’être résolue. Pour cela, les associations de consommateurs demandent la publication des marges nettes des différents acteurs de chaque filière.
Au-delà des fruits et légumes, la déconnexion entre les prix agricoles et les prix à la consommation persiste.
Selon les calculs de l’UFC-Que choisir, le lait demi-écrémé a augmenté dans les rayons de 16 % entre avril 2000 et avril 2010, alors que celui de la matière première a baissé de 5 %.
Pour la volaille, les évolutions sont, respectivement, de + 38 % et – 19 % ! Pour le bœuf, + 34 % et – 4 %…
L’UFC-Que choisir demande un mécanisme de plafonnement des prix dans les rayons « Les industriels et la distribution ont continué de se servir des évolutions des prix agricoles pour améliorer leur profitabilité au détriment des consommateurs », pointe l’UFC-Que choisir.
Un contrat écrit entre producteurs et acheteurs et entre organisations de producteurs et leurs acheteurs permettraient de donner à tous ces acteurs « plus de la visibilité » sur un marché fluctuant. « Plutôt que cette bagarre stérile entre producteurs et distributeurs, nous essayons par la contractualisation de renforcer le dialogue », a insisté le chef de l’État. Affaire à suivre...

|
|
|||||||||||||||||||
|
|
|
||||||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||||
|
|
|||||||||||||||||||
![]() |
![]() |
||||||||||||||||||
|
|
|||||||||||||||||||
|
|
|
|
|
|
|
|
|||||||||||||
|
![]() |
||||||||||||||||||
|
|
|
||||||||||||||||||
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|

